Entre les tours de la Castagna et de l’Isulella, la forêt de Coti-Chiavari, promenade bien connue des ajacciens, porte les traces d’un passé plutôt sombre qui débute en janvier 1855. L’administration pénitentiaire de l’époque prend possession de ce domaine pour en faire une colonie agricole. Ainsi dans le pénitencier de Coti-Chiavari, la vie des prisonniers se partage entre la construction des infrastructures (toujours visibles aujourd’hui) et les travaux agricoles (maraîchage et assainissement de la zone par la plantation d’eucalyptus). L’énorme taux de mortalité et sa faible rentabilité entraînent la fermeture du domaine en 1906, le transfert des prisonniers à Cayenne et sa gestion à la Direction des Eaux et Forêts. Tout au long du XXe siècle, ce site exceptionnel a suscité bien des convoitises. Actuellement, le bâtiment principal (cellules) et ses alentours, appartient à une société privée qui y organise des festivités.
Sur le reste du domaine, la nature a repris ses droits et un écosystème entier s’y est développé. La biodiversité des espèces locales constitue une belle forêt méditerranéenne où « lecce » chênes, « listinchi » lentisques, « mortule » myrtes, « albitri » arbousiers, « pini » pins, « ogliastri« oléastres et autres composantes du maquis, abritent « cignali« , sangliers, « volpe« , renards, « merule », merles, »cuppulate« , tortues » et petits rongeurs. Ce milieu reste pourtant très fragile et sa protection est assurée par la CDC qui gère une grande partie du site.